La quarantaine bien alcoolisée, Omrane a la confiance des gens de son village. Pour rendre service, surtout pour de l'argent, il se charge de placer des jeunes filles et des enfants de son village dans des familles urbaines pour y faire le ménage. Il garantit aux parents, surveillance morale et financière. La plus rebelle de toutes, Rebeh, après avoir été abusée et se trouvant enceinte, décide de profiter de la vie. Omrane la recherche partout sur son triporteur accompagné par Fedhah, neuf ans, nouvelle recrue. La fillette fabrique dans ses mains des poupées d'argile avec la terre qu'elle a emportée avec elle, avant de les détruire pour recommencer. S'apercevant de sa déchéance, Omrane sait qu'il aime Rebeh mais faible, il a laissé passer son destin. Il se noie dans le vin tout en dansant de désespoir.
A travers une domesticité qui arrangerait tout le monde, c'est une nouvelle forme d'esclavage moderne qui se dessine. Chacun n'est plus maître de sa vie, au milieu d'un univers de compromission, parents louant leurs enfants, enfants en souffrance placés pour apprendre, placeur refusant d'y voir un commerce d'êtres humains, maîtresse de maison devenue esclavagiste moderne, la ville seule solution à la pauvreté.
Ahmed EL HAFIENE (Omrane)
Hend SABRI (Rebeh)
Oumaïma BEN HAFSIA (Fedhah la petite bonne)
Abderrazak HAMMAMI
Halima DAOUD
Naïma EL JENI
Nahed NOUREDDINE
Hamadi LAGHBABI
Lotfi ABDELLI (Riva)
Salwa MOHAMED
SCENARIO : Nouri BOUZID
IMAGE : Tarak BEN ABDALLAH / Gilberto AZEVZDO
SON : Faouzi THABET
MONTAGE : Caroline EMERY / Anita FERNANDEZ / Ingrid RALET / Benoit BRUWIER
MUSIQUE : ZAMOURI, Rabii
PROD : Max BOULOIS / Nouveau Regard Production (Tunisie) / Les Films de l'Observatoire (France) / Lamy Films (Belgique)
SUP : 35 MM/ C
DUREE : 100'
DATE : 2002
GENRE : FICTION
Namur 2002
Carthage 2002
Fribourg 2003
Milan 2003
Apt 2008
SALLE : 29.09.2004
« Nouri Bouzid ne parle qu'avec la magie des images, utilisant les décors particuliers - l'oppressante maison du vieux Jafaar, le vent sur une terrasse, l'atmosphère étourdissante d'un vieux bistrot - et s'appuyant sur une mise en scène parfaite. [...] Loin de tout moralisme, de tout discours doctrinal, Nouri Nouzid laisse au spectateur le soin de s'expliquer les choses. Il explore la solitude de ses personnages qu'il place habilement au coeur de plusieurs écartèlements entre l'ancien et le moderne, entre la richesse et la pauvreté, entre la terre et la ville, entre l'oppression patriarcale et l'émancipation féminine. tout cela mis en tension donne une oeuvre majestueuse et engagée. Ouverte sur la vie, elle est remise dans les mains du spectateur qui est comme chargé d'en imaginer, d'en espérer les issues optimistes. »
Ciné Feuilles - Juin 2004
« Très loin de la fresque édifiante, Nouri Bouzid signe une fiction âpre et émouvante...[...] Si le film fait preuve d'une réelle audace thématique, il convainc également par sa rigueur formelle et sa remarquable direction d'acteurs. L'une des très belles surprises du mois. »
Première - Septembre 2004
« Plein de bonnes intentions, son cinéma évoque le cinéma néoréaliste italien de l'après-guerre, notamment par sa galerie de personnages pittoresques. »
Studio - Septembre 2004
« Suivant le destin de trois personnages blessés, ce film de Nouri Bouzid aux très belles couleurs éclaire "le mythe de l'homme arabe" condamné à une virilité forcée, et suggère la violence sociale faite aux femmes. Qui sont modelées, malaxées, broyées comme ces poupées que la petite fille façonne dans l'argile qu'elle a emportée du bled. »
Le Canard enchaîné - 30 septembre 2004
Vous avez 48 h pour le voir tant que vous voulez !
Ce film est visible dans le monde entier dans la version proposée.