A Dakar, Diouana, analphabète, est engagée par un couple de bourgeois blancs. Elle est chargée de s'occuper des enfants, un statut de responsabilités qui la fait prendre en considération par ses pairs. Le reste du travail domestique est confié à un boy. En réponse à cette situation confortable, Diouna offre un masque traditionnel à sa patronne. Sur la proposition de ses employeurs, Diouana accepte avec entrain de les accompagner à Antibes pour les vacances. Son ami n'est pas content mais la jeune fille exulte. En France, les choses changent. Diouana est contrainte d'assurer toutes les tâches ménagères, la réduisant ainsi à la servitude sans jour de repos. Sa patronne, désirant reproduire l'aisance domestique qu'elle avait en Afrique, la traite plus durement et l'humilie. Présentée comme une bête curieuse lors des réceptions, la jeune femme se referme sur elle. Elle reprend le masque offert, symbole pour elle de son pays si lointain et de sa dignité. Ne supportant plus son isolement, Diouana se suicide dans son bain. Revenus à Dakar, les patrons ramènent ses affaires à la famille qui les tient pour responsables de la mort de leur fille. Le masque rendu à la famille, est devenu l'image de l'identification de Diouna à son continent. Un gamin le récupère et poursuit les patrons blancs.
Premier long métrage africain, 71 ans après la naissance du cinéma. Deux versions existent dont une avec des séquences en couleur / D'après le roman de Sembène Ousmane « Voltaïque » et basé sur un fait divers. Tanit d’or, Carthage 1966. Grand prix, Festival mondial des arts nègres 1966. Prix Jean Vigo 1966.
Le premier long métrage africain !
Thérèse M'BISSINE DIOP (Diouana la bonne)
Anne-Marie JELINEK (la patronne)
Robert FONTAINE (le patron)
Modu Nar SENE (l'ami)
SEMBENE, Ousmane (l'enseignant)
Ibrahima BOY (le masque)
Bernard DELBARO(l'invité)
Nicole DONATI(l'invitée)
Raymond LEMERY(l'autre invité)
Suzanne LEMERY (l'autre invitée)
Philippe, Sophie, damine (les enfants)
Toto BISSAINTHE - La voix ainsi que Robert Marcy et Sophie Leclerc
SCENARIO : SEMBENE, Ousmane
IMAGE : Christian LACOSTE
MONTAGE : André GAUDIER
MUSIQUE : Air populaire sénégalais
PROD : Actualités françaises (France) / Les Films Domireew (Sénégal)
SUP : 35 MM /NB
DUREE : 65'
DATE : 1966
GENRE : FICTION
Carthage 1966 - Tanit d'or
Festival Mondial des Arts Nègres 1966 - Grand prix
Prix Jean Vigo 1966
Amiens 1993
Ecran Saint-Denis - Exodes - 2002
Apt 2007 - Hommage à Sembene Ousmane
Amiens 2007 - cérémonie d'ouverture - Hommage Sembène Ousmane
Quai Branly - Cycle de cinéma sur la Diaspora
SALLE : 1967
« Un cinéma libre....un film imparfait, généreux à la technique traditionnelle mais dont l'esprit est révolutionaie. »
Louis Marcorelles - Le Monde 1966
« Une lucidité critique étonnante. »
L'Humanité - 1966
« C'est la plus évidente des singularités de ce film assez bref (à peine une heure), d'une beauté austère, qui se déploie à l'ombre d'une immense douleur. »
Le Monde - 3 février 2006
« Une satire sur les pratiques néo-colonialistes françaises face à la servitude et les conséquences sur l'individu qu'il soit noir, africain, portugais ou arabe peu importe. le suicide est un cri de révolte, une prise de conscience. deux sociétés s'affrontent, l'africaine et l'Europe, la bourgeoise et la prolétaire, l'intellectuelle et l'analphabète, la nantie et la société de servitude, la noire et la blanche. Film universel dans son message. film sobre, pur et lucide. film de la fierté noire. »
Jean Delmas - 1978
Vous avez 48 h pour le voir tant que vous voulez !
Ce film est visible dans le monde entier dans la version proposée.