Un épisode sanglant peu glorieux de l'histoire. Au Sénégal en 1944, un bataillon de tirailleurs arrive au camp de transit de Thiaroye. Ces hommes ont été enrôlés de force, certains depuis 1940, dans l'armée coloniale française pour se battre en France contre les Allemands. Les survivants reviennent fiers d'avoir combattu contre les nazis en Europe. Ils attendent parqués dans le camp leur démobilisation et leur pécule. La fierté fait bientôt place à la désillusion devant les promesses non tenues, l'humiliation, le racisme de la hiérarchie militaire. Après s'être battus pour la France, les anciens combattants n'acceptent plus d'être traités avec inégalité. Exaspérés par l'attitude arrogante des officiers, les tirailleurs sénégalais se mutinent, s'emparent d'un général et réclament leur dû. L'officier cède mais envoie ses chars contre le camp. L'histoire relèvera vingt-cinq morts et de nombreux blessés.
D'autres seront emprisonnés et L. S. Senghor demandera leur grâce des années plus tard.
Ibrahim SANE (le sergent chef Diatta)
Dansogho Mohamed CAMARA
Jean Daniel SIMON (le capitaine Raymond)
Gabriel ZAHON
Pierre ORMA
Gaston OUEDRAOGO
Ismaël LO (tirailleur harmonica)
Marthe MERCADIER (la tenancière du bordel)
Sijiri BAKABA
Hamed CAMARA
SCENARIO : SEMBENE Ousmane / Thierno Faty SOW
IMAGE : Smaïl LAKHDAR-AMINA
MONTAGE : Kahena ATTIA RIVEIL
MUSIQUE : Ismaël LO
PROD : SNCP (Sénégal) / SATPEC (Tunisie) / ENAPROC (Allemagne)
SUP : 35 MM /C
DUREE : 147'
DATE : 1988
GENRE : FICTION
Venise 1988 - Prix spécial du jury
Fespaco 1989 - Prix institut des peuples noirs
Mannheim 1987
Amiens 2007 - Hommage Sembène Ousmane
« Filmé par un romancier et cinéaste sénégalais, un sujet accablant pour l'armée coloniale française en Afrique. [...] Pourquoi les Français mettent-ils si longtemps à balayer devant leur porte, si longtemps que, finalement, c'est Kubrick qui leur raconte le maréchal Pétain et Ousmane les bavures de l'AOF ? Pourquoi un tel film n-a-t-il pas été déjà montré en France où les festivals ne manquent pas ? Ce film a en tout cas le mérite, considérable, de poser des questions dont il faudra bien, tôt ou tard, reparler. »
Le Monde - 9 septembre 1998
« Avec Camp de Thiaroye, Sembene fait sortir le cinéma africain du ghetto des cinémathèques où on le confinait jusqu'ici. Les jurés de Venise, en le couronnant, ne s'y sont pas trompés ; ils récompensent un pionnier du cinéma africain et un créateur fécond qui, à travers une oeuvre où la tragédie le dispute au burlesque, rejoint l'universel. »
MFI - 6 octobre 1988
« Quand Camp de Thiaroye du réalisateur sénégalais Sembène Ousmane sortira en France, il fera, sans nul doute, grincer des dents. Sembène Ousmane a traité ce massacre avec beaucoup de sincérité, sans dramatisation. »
La Croix - 10 septembre 1988
Vous avez 48 h pour le voir tant que vous voulez !
Ce film est visible dans le monde entier dans la version proposée.